Qui n’a pas envie à l’approche des premières rigueurs de l’hiver d’un bon pot-au-feu qui réchauffe le corps et fait du bien à l’âme ?

Mais, d’où vient donc ce plat à la fois populaire, économique, bistronomique et gastronomique ? Quelle en est traditionnellement sa composition ? Voilà autant de mystères que nous allons tenter de lever ici…
Les origines lointaines du pot-au-feu
Le pot-au feu est un plat ancestral que l’on déguste toujours de nos jours avec plaisir. Dans l’imaginaire populaire, c’est un plat unique de pauvre mais il n’en demeure pas moins que le pot-au-feu est un véritable emblème de la cuisine française.
= > Le saviez-vous ? Le pot-au-feu est, selon un article de l’Encyclopédie Larousse de 1867, « la base de notre cuisine, c’est par lui que notre cuisine nationale se distingue de toutes les autres » !
Le pot-au-feu ne trouve son origine dans aucune des régions de France… Etrange me direz-vous, il est ni plus ni moins qu’un plat national ! Son apparition remonterait à la période du Néolithique et il se serait développé sous l’Empire Romain. La consommation de viande bouillie est une vraie révolution dans l’art de se nourrir qui apparaît en Grèce et qui marque la fin de l’exclusivité de la viande que l’on faisait rôtir au feu de bois et qui remontait aux temps de la préhistoire.
D’où vient le nom « pot au feu ?
Du contenant au contenu, voici comment s’explique le terme « pot-au-feu ». Au XIIe siècle, dans les âtres de presque toutes les chaumières françaises, le pot-au-feu restait en permanence sur le feu et on y cuisait indifféremment soupes, bouillies et potages, parfois agrémentés de viandes ou de légumes lorsque l’on en avait les moyens.
Le terme pot-au-feu lui-même tire son origine de l’ancienne expression « pot a fu » qui littéralement correspond à « marmite (ou pot de terre aussi parfois appelé vase) pour la viande« . Le terme désigne donc aux prémices le pot « à » feu, ni plus ni moins que le contenant dans lequel on faisait revenir un bouillon d’herbes aromatiques auquel on ajoutait les viandes disponibles et les légumes de saison. Et c’est bien connu, plus il cuit, meilleur il est ! Pensez à le préparer la veille, il n’en sera que plus savoureux.
Les ingrédients du pot-au-feu traditionnel
Repas unique par excellence, le pot-au-feu permettait autrefois de fournir un repas complet : un potage grâce à son bouillon, de la viande bouillie généralement constituée de morceaux de bœuf (macreuse, gite, plat de côte et queue sans oublier l’os à moelle) et des légumes d’hiver (poireaux, navets, carottes, céleri). Comme souvent, la bourgeoisie s’est emparée du plat qui était initialement le plat des plus pauvres jusqu’au 18ième siècle.



Les versions revisitées ne manquent pas aujourd’hui. Le pot-au-feu se retrouve même à la carte des plus grands restaurants pour le plaisir des fins gourmets. Parmi les principales déclinaisons, on trouve le pot-au-feu à base de plusieurs viandes (dont le jarret de porc demi sel et le plat de côtes de porc demi sel), celui à base de volaille, de mouton et même dans certains cas de foie gras !
=> A noter. Le pot-au-feu ne serait pas ce qu’il est sans un bouquet garni : de l’oignon piqué de quelques clous de girofle, de l’ail, du poivre en grain, du gros sel, du laurier, du thym et du persil. Cela donnera au bouillon toute sa saveur. Le bouillon pourra être consommé en entrée agrémenté ou non de pâtes à potage et de croutons ou bien servir à d’autres préparations culinaires.
Trucs et astuces de cuisson et de service du pot-au-feu
Choisir la bonne marmite
De nos jours, plus question de feu sous le pot-au-feu si ce n’est celui de votre gazinière ! Quoique…
En ce qui concerne le réceptacle, optez pour un faitout en inox ou en fonte pour une meilleure répartition de la chaleur ou encore une marmite traiteur. Votre contenant doit avoir un couvercle pour éviter une trop grande évaporation du bouillon. Cela vous permettra aussi de réaliser des économies d’énergie ! Veillez bien à ce qu’il soit de taille suffisante pour pouvoir recevoir tous les ingrédients. Evitez la cocotte minute qui certes vous offrira une cuisson bien plus rapide mais qui rendra la viande plus filandreuse et le bouillon trouble.



Conseils de cuisson du pot-au feu
Pour que la viande soit tendre, plongez la dans l’eau lorsque cette dernière est à ébulition, cela permettra à ses sucs de nourrir la viande pendant tout le temps de cuisson.
Si vous préférez un bouillon gouteux et parfumé, faites l’inverse ! Disposez vos morceaux de viande dans l’eau froide et attendez la montez en température progressive de l’eau.
Pensez toujours à écumer la surface de votre préparation une fois que la viande est portée à ébullition pour enlever les petits déchets.
Ne salez votre pot-au-feu que lorsqu’il n’y a plus du tout d’écume.
Ne soyez pas radin avec le temps de cuisson : prévoyez au minimum 2 heures et demi ! Prenez le temps de faire votre pot-au-feu comme le faisait si bien votre grand-mère… la bonne cuisine nécessite du temps… et que serait votre pot-au-feu sans l’agréable odeur qui se dégage lors de sa lente cuisson ?
Comment servir votre pot au feu
Pour le service, égouttez la viande et disposez-la au centre d’un grand plat entourée de ses légumes (égouttés eux aussi).
Laissez sur la table à dispsoition de vos convives un peu de gros sel ou mieux encore de la fleur de sel, un peu de poivre concassé, un assortiment de moutardes, quelques cornichons et petits oignons au vinaigre.
Bon appétit !


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