Mai sans tondeuse : lubie nouvelle ou réelle interdiction ?

« Mai sans tondeuse » ou “No Mow May” chez nos voisins anglo-saxons . Un titre qui sonne comme un slogan révolutionnaire, une invitation à la paresse assumée, ou une nouvelle lubie écolo-bobo. En réalité, c’est un mouvement « mondial » venu de loin. Ce mouvement encourage à ne pas tondre sa pelouse pendant le mois de mai. L’objectif ? Protéger la biodiversité, les fleurs sauvages, les petites bébêtes et les insectes pollinisateurs. Beau programme. Pas encore obligatoire pour l’instant, pas (encore) d’amendes à l’horizon.

Mai sans tondeuse, un concept simple

Pas besoin de trop réfléchir pour s’y plier.

On laisse pousser l’herbe partout, on oublie la tondeuse, et on admire la nature reprendre ses droits. Si on a le temps pour l’observation bien sûr. Un retour à la vie sauvage en plein cœur de nos jardins bien ordonnés et de nos villes ! Car bien entendu c’est en zone urbaine que le mouvement est le plus suivi. Ce que l’on appelait autrefois les mauvaises herbes sont devenues des herbes tout court. C’est plus joli comme ça.

Mais pourquoi mai ?

Parce que c’est le mois où la nature se réveille, où les fleurs éclosent, et où les insectes butinent allègrement. En tondant moins, on leur offre un garde-manger à volonté. On crée ainsi un véritable havre de paix pour la biodiversité qui s’épanouit sous nos yeux. Les arbres bourgeonnent. Les oiseaux chantent. Une douce odeur de terre humide se mêle aux effluves des automobiles et des avions. Pour nous rappeler que chaque élément de l’écosystème joue un rôle crucial. Pile poil au moment où l’on nous propose les meilleures promos pour tous prendre l’avion. Savourons cette beauté éphémère tout en planifiant nos prochaines escapades à bas prix.

« Mai sans tondeuse », bonne idée ou fausse bonne idée ?

  • Pour : C’est un geste simple pour la biodiversité. C’est un gain de temps pour les jardiniers débordés. C’est une excuse parfaite pour éviter la corvée de la tonte. Les collectivités font des économies. On n’use pas la tondeuse.
  • Contre : C’est le risque de se retrouver avec une jungle urbaine. C’est le risque d’avoir un jardin qui ressemble plus à un terrain vague qu’à un havre de paix. Il y a aussi le risque des voisins qui vous regardent de travers.

Et en ville, c’est encore plus drôle ! Imaginez les balcons et rebords de fenêtres transformés en mini-prairies. Les pelouses municipales métamorphosées en champs de fleurs sauvages. Les trottoirs deviennent des labyrinthes où les citadins tentent de se frayer un chemin à travers les herbes hautes. Un vrai safari urbain ! A Besançon, Rouen ou Léognan on a vite pris le pli. On ne tond plus depuis longtemps déjà, un point c’est tout. Et même quand ça chatouille trop, ne vous plaignez pas en allant au cimetière. C’est pour la biodiversité. Le respect des défunts et de leurs visiteurs, ça passe après.

Attention aux effets secondaires inattendus

  • Prolifération de serpents, rongeurs et autres tiques. Vos enfants vont adorer jouer dans le jardin ! Les médecins se frottent les mains face à l’augmentation des cas de maladie de Lyme. Les vétos aussi.
  • Augmentation du risque d’allergies : Préparez vos mouchoirs ! Et la pince à épiler pour enlever les épillets des patounettes de Médor.
  • Hausse de l’absentéisme des agents municipaux. Comme ça au moins, ça se voit un peu moins qu’ils ne travaillent pas. Ils en profitent pour se reposer un peu plus que d’habitude.
  • Augmentation des accrochages aux intersections. Ca c’est pour les carrossiers. Il faut bien leur trouver du boulot quand il n’y a plus de verglas.

Alors, « Mai sans tondeuse », réelle prise de conscience écologique en milieu urbain ou simple effet de mode ? Chacun se fera son opinion. Mais une chose est sûre : ce mouvement ne laisse personne indifférent. Si votre jardin a l’air d’une jachère en juin, rassurez-vous. Vous pouvez toujours dire que c’est pour la bonne cause.

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