Vendin-le-Vieil, la destination qui fait rêver… tous les agents immobiliers spécialisés en immobilier carcéral de luxe.
Vendin-le-Vieil fait l’actualité avec une sortie très remarquée.
Ce charmant village du Pas-de-Calais ne vous dit rien ? Alors c’est que vous n’avez pas écouté les chaînes d’information en continu ces dernières années. C’est la destination n°1 pour les citoyens dont le CV contient des lignes un peu trop… chiffrées. Bref, nos délinquants les plus turbulents.

Ici, oubliez le Club Med. On est plutôt dans le « régime spécial vilains ». Pas de cocktails de bienvenue. Très peu de visites amicales (sauf pour la livraison de la dernière clé USB en vogue). Un abonnement illimité aux douches. D’ailleurs, cette sur-fréquentation a récemment transformé la résidence en… piscine géante après que les résidents, insatisfaits par les aménagements proposés, aient transformé la plomberie en œuvre d’art moderne.
Mais tout ça, on le sait déjà. Ça fait partie du folklore national désormais.
Un rendez-vous professionnel, le buzz inattendu
Qu’est-ce qui fait revenir notre station balnéaire du 62 sur le devant de la scène ce lundi ? Une décision qui a fait tousser même jusqu’à L’Elysée… l’autorisation de sortie d’un de ses pensionnaires pour un rendez-vous professionnel.
Oui, vous avez bien lu. Un RDV. Pro.
Normalement, l’administration pénitentiaire et la justice sont plutôt du genre à anticiper la réinsertion… deux jours avant la libération. Là, pour une fois, on est en avance de 4 ans sur le planning ! Un effort louable pour lutter contre le chômage, surtout celui des gens qui… enfin, vous voyez.
Notre homme est donc parti chercher du boulot. C’est magnifique, c’est la France qui travaille !
Alors, les gardiens, avec un petit sourire de fierté et un soupçon de panique, lui ont dit ce matin :
« Allez, bonne journée, à ce soir ! N’oubliez pas de ramener un justificatif de présence et… peut-être un croissant pour l’équipe ? »
L’odyssée de la liberté : chronique d’une journée bien remplie
Notre pensionnaire, que nous appellerons Kévin (pour ne froisser ni l’administration ni son juge), est donc sorti des portes massives de l’établissement.
08h00 : l’étape logistique
Il commence sa journée par le trajet. Fini le covoiturage habituel avec les amis, aujourd’hui, c’est transport perso. Arrivé en ville, il doit gérer la transition : de la cellule au costume cravate, c’est un choc culturel. Il doit se rappeler comment on dit bonjour. Il est surtout important de savoir comment faire la queue sans essayer de doubler tout le monde.
10h00 : l’entretien d’embauche
Le rendez-vous tant attendu. Chez le recruteur, l’atmosphère est électrique. Kévin, d’un air le plus décontracté possible, tente de justifier la petite pause qui dure dans son CV.
Le Recruteur : « Alors, Monsieur Kévin, je vois un trou de quelques années après le narcotrafic. Qu’avez-vous fait pendant cette période ? »
Kévin : « J’ai géré un projet immobilier très intense, Monsieur. Gestion d’équipe complexe, sécurité renforcée, contraintes d’espace… et puis j’ai beaucoup travaillé la résilience et le team-building dans un environnement… fermé. »
Le recruteur, visiblement impressionné par le jargon, hoche la tête. Kévin n’oublie pas de glisser qu’il est « très doué pour contourner les obstacles ». En effet, c’est une qualité qu’il a pu affûter à Vendin-le-Vieil.
12h00 : le déjeuner (express)
Le gentil juge lui a accordé deux heures. Deux heures de liberté ! Au lieu d’un fast-food, Kévin se dirige vers un lieu qu’il n’a pas vu depuis longtemps… le rayon fromages d’un supermarché ! Le simple fait de choisir entre l’emmental râpé et le Comté est une extase sensorielle. Il prend un sandwich qu’il déguste religieusement, assis sur un banc.
14h00 : le retour au « village vacances »
Il est temps de rendre son tablier… et son permis de sortie. Kévin regagne ses pénates, la tête pleine de souvenirs de trottoirs mouillés et d’air frais. Il franchit à nouveau les grilles de Vendin-le-Vieil, brandissant fièrement son justificatif de présence.
L’écho de la tôle
Dès son retour dans son quartier, la nouvelle s’est répandue dans les couloirs très rapidement. C’était même plus rapide que l’eau des douches lors d’une inondation. Les co-détenus de Kévin, les « Vilains » de la première heure, étaient partagés entre l’admiration et la jalousie.
Un voisin de cellule : « Alors Kévin, c’était comment, le monde extérieur ? Y a de l’internet rapide ? Ils vendent des télés 4K à bon prix ? »
Kévin, philosophe : « Le monde extérieur… C’est bruyant. Et la nourriture, c’est surfait. Mais franchement, niveau douche, on est beaucoup mieux équipé ici. »
Le pire, c’est qu’il avait raison. Sa sortie, qui devait être un moment de gloire, s’est transformée en un argument pour réclamer des baignoires à Vendin-le-Vieil. La boucle de l’absurdité est bouclée.
Conclusion : Vendin-le-Vieil, laboratoire social ?
Ce qui est sûr, c’est que Vendin-le-Vieil est une fois de plus un établissement précurseur. Bientôt, la « sortie pour recherche d’emploi » sera remplacée par la « permission d’embauche ». Une nouvelle source d’inspiration pour tous les recruteurs en quête de profils… déterminés.
Vive notre héros de France Travail ! Vive la justice ! Vive la France !


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