Keolis Bordeaux ! Un exemple parfait d’employeur moderne bienveillant. En effet, on ne badine pas avec la sécurité… surtout la sécurité de ses protocoles et autres règlements en tout genre. C’est vrai quand-même, il y en a marre de tous ces gens qui ne respectent rien ! On commence par les règles et l’instinct de survie ça doit passer après.

Déroulé des faits Keolis Bordeaux
Pour commencer, c’est l’histoire d’un chauffeur de bus qui est tranquillement au volant de son mastodonte. Il travaille depuis 5 heures du matin. Il est maintenant un peu plus de 11 heures du matin dans la banlieue Bordelaise. Soudain, un passager décide que dire bonjour quand on monte dans le bus, c’est surfait. Il pense de toute évidence qu’une violente (petite) agression, c’est bien plus drôle.
Hop ! Le sang lui monte à la tête. Ce n’est pas seulement à cause du café tiède du matin. Mais aussi et surtout à cause d’une main posée sur son épaule par le chauffeur. Immédiatement, il vocifère de gentils noms d’oiseau. Et en toute logique, le chauffeur tente de l’éconduire. Grâce à son éducation me direz-vous ? Peut-être… Il pense aussi, le charmant homme, à protéger ses passagers. En somme, il fait ce que n’importe quel être humain normalement constitué ferait.
Et là, patatras !
Deuxième acte.
Il se retrouve au sol roué de coups et le voilà avec le bras en vrac.
Troisième acte.
Il sirote sa convalescence forcée en regardant les rediffusions des « Feux de l’amour ». D’ailleurs, comment aurait-il pu faire autrement ?
Quatrième acte.
C’est là qu’un courrier pas très aimable de son employeur atterrit dans sa boîte aux lettres. Quoiqu’il ait aussi pu être expédie par mail. Donc, il l’ouvre, persuadé que son employeur lui demande gentiment de ses nouvelles. Sauf que… le verdict tombe, implacable :
« Cher monsieur, nous avons le regret de vous informer que votre héroïsme inopportun a enfreint l’article 3, paragraphe B, alinéa 7 du Règlement Intérieur des Chauffeurs Face à une Apocalypse Imminente. Sanction envisagée. »
On en rit (jaune, très jaune). Pourtant, c’est l’histoire absurde d’un chauffeur Keolis de Bordeaux. Son bras bandé fait le tour des chaînes d’info. Sa faute ? Avoir oublié que le véritable ennemi n’est pas l’agresseur enragé, mais le protocole sacro-saint !
L’art subtil de l’immobilisme protocolaire : mode d’emploi pour survivre à une agression (et à son employeur Keolis Bordeaux)
Donc, si l’on suit la logique de Keolis Bordeaux, il faut d’abord analyser la situation en profondeur. Ce n’est qu’après cette analyse que vous pouvez songer à sauver votre épiderme ou celui de vos précieux passagers. Sortez votre petit carnet, votre stylo, et votre calculette scientifique pour déterminer si l’agression correspond bien à la case 3.2.1 du chapitre « Agression légère » ou plutôt à la 3.2.2 « Agression avec intention de nuire à la coiffure du conducteur ».
Ensuite, c’est là que réside la clé de votre survie professionnelle. Cela pourrait aussi concerner votre survie physique, si la chance est avec vous. premièrement, restez enfermé derrière vos vitres de sécurité. Puis, deuxièmement, appelez du renfort ! Un point c’est tout. Oui, vous avez bien lu. En conséquence, pas de « prise de judo », pas de « coup de boule salvateur », juste un bon vieux coup de fil. On imagine déjà la scène :
Chauffeur, la voix hésitante :
« Allô, Keolis Assistance ? J’ai un passager qui tente de me faire manger mon badge. Est-ce que c’est une agression de niveau 2 ou 3 ? »
Opérateur, d’une voix monocorde :
« Veuillez vous référer au manuel page 42, paragraphe 3.4. Nous envoyons les renforts. Le temps d’intervention estimé est de 30 à 45 minutes, en fonction du trafic et de la pause-café de l’équipe d’intervention. »
Le renfort imaginaire : quand le protocole rime avec science-fiction
Ah, les renforts ! Cette douce utopie, cette charmante licorne des transports en commun. Car, soyons honnêtes, pour que cette stratégie soit un tant soit peu efficace, il faut que les renforts soient disponibles. Donc, ils ne doivent pas chercher leur chemin sur une carte de 1970. Et surtout, ils doivent être à moins de deux années-lumière du lieu de l’agression.
Alors oui, Keolis, on a compris le message. La prochaine fois, formons nos chauffeurs de bus à la lecture rapide du règlement intérieur sous pression. Ne formons pas nos chauffeurs aux premiers secours ou à la gestion de conflit. Et tant qu’à faire, installons des robots-assistants capables de réciter l’intégralité du protocole en cas d’urgence. Au moins, eux, ils n’auront pas de bras cassé à montrer aux journalistes. Et ils ne se feront pas licencier pour avoir essayé de « trop » bien faire leur travail.
Et vous ? Que pensez-vous de ce protocole de survie ? Une idée géniale pour éviter les ennuis… avec l’employeur ?



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