La dermatose nodulaire contagieuse (DNC) est également connue sous le nom de « Lumpy Skin Disease« . C’est une maladie virale qui fait l’objet d’une attention particulière dans le monde agricole et vétérinaire. Bien qu’elle soit peu connue du grand public, ses conséquences peuvent être dévastatrices pour les élevages.
Cet article se propose de faire le point sur cette pathologie. Sa nature, ses risques pour l’homme, sa situation actuelle en France et les mesures de lutte mises en place.
Dermatose nodulaire infectieuse, de quoi s’agit-il exactement ?
La dermatose nodulaire contagieuse est donc une maladie virale qui affecte exclusivement les bovins. Les zébus et les buffles d’eau ne sont pas épargnés. Un virus de la famille des Poxviridae en est la cause. Ce virus est proche de ceux responsables de la variole ovine et caprine.

La maladie se caractérise par des symptômes visibles et invalidants pour les animaux infectés, notamment :
- Une forte fièvre et un abattement général.
- Une hypertrophie des ganglions lymphatiques.
- L’apparition de nodules de 0,5 à 5 cm de diamètre sur la peau, les muqueuses et parfois même les organes internes.
- Une chute drastique de la production laitière et un amaigrissement important.
La transmission du virus se fait principalement par des vecteurs mécaniques hématophages. Sont donc impliqués des insectes piqueurs tels que les mouches, les moustiques et les tiques. La transmission directe entre animaux est également possible, mais moins fréquente. La période d’incubation peut être longue, jusqu’à 28 jours, ce qui rend la détection précoce difficile.
Quels sont les risques pour l’homme ?
Il est important de souligner que la dermatose nodulaire contagieuse n’est pas une zoonose. Cela signifie que le virus n’est pas transmissible à l’être humain.
Les professionnels de santé animale, l’Anses et l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OMSA) le confirment. Il n’y a aucun danger pour la santé publique. Et ce que ce soit par contact avec les animaux malades ou par la consommation de produits issus de ces animaux (lait, viande). Les préoccupations liées à cette maladie sont donc strictement d’ordre animal et économique.
Situation en France et conséquences liées à la dermatose nodulaire infectieuse
Historiquement présente en Afrique, la DNC a progressé vers l’Europe du Sud-Est ces dernières années. Un premier foyer a été détecté en France le 29 juin 2025 en Savoie. Depuis, d’autres foyers ont été confirmés dans les départements de la Savoie, de la Haute-Savoie et de l’Ain. Au 23 août 2025, on dénombrait 76 foyers dans ces départements, concernant 42 élevages.
Les conséquences de la DNC sont lourdes pour la filière bovine. Outre les problèmes de bien-être animal et les pertes directes dues à la maladie (amaigrissement, baisse de production, voire mortalité), la maladie entraîne des mesures sanitaires drastiques :
- Abattage des troupeaux infectés. Une fois un foyer confirmé, l’abattage total du cheptel est souvent mis en œuvre pour éradiquer rapidement le virus.
- Restrictions commerciales. La détection de la DNC a un impact sur les échanges commerciaux. Une zone réglementée est mise en place autour des foyers, interdisant les mouvements de bovins et impactant les exportations.
- Pertes économiques directes. La maladie peut entraîner une diminution de la production laitière, une perte de poids et des dommages irréversibles aux cuirs et aux peaux, occasionnant des pertes financières importantes pour les éleveurs.
La lutte contre cette maladie repose sur une surveillance accrue. Elle inclut la mise en place de mesures de biosécurité strictes. Des campagnes de vaccination ciblées sont organisées. Des actions de désinsectisation sont réalisées pour contrôler les vecteurs.


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